1. Historique
On doit à la Révolution française l’introduction du système métrique décimal en 1790 et c’est tout naturellement qu’en 1803 (7 germinal An XI) Napoléon acheva la création du Franc Germinal, dont les bases furent mises en place en 1795, en remplacement de la Livre Tournois (1 Franc = 100 centimes).
Le ratio retenu fut de 15,5g d’argent pour un gramme d’or et l'on fixât le poids de la pièce de 20 francs or à 6,45g pour un titre de 0,900 (soit 5,801g d’or fin).

Les succès militaires permirent l’unification monétaire voulue par l’Empereur. Ainsi écrit-il en 1806 à son frère Louis, roi de Hollande : 'Mon frère, si vous faites frapper de la monnaie, je désire que vous adoptiez les mêmes divisions de valeur que dans les monnaies de France et que vos pièces portent, d'un côté, votre effigie et, de l'autre, les armes de votre royaume. De cette manière, il y aura dans toute l'Europe uniformité de la monnaie, ce qui sera d'un grand avantage pour le commerce'.
2. Le traité de l’Union Monétaire Latine

Après Waterloo (1815), la plupart des pays abandonnèrent le standard monétaire imposé par la France avant d’y revenir, cette fois ci de leur plein gré, au cours du XIXe siècle. La conférence de 1865 qui réunit la France, la Suisse, la Belgique et l’Italie aboutit à la signature du traité de l’Union Monétaire Latine sous l’impulsion de Napoléon III et de son ministre Félix Esquirou de Parieu.
La Grèce rejoignit formellement l’Union en 1868.
La convention fixa avec précision les caractéristiques des monnaies d’or et des divisionnaires en argent. Elle définit les valeurs acceptables suivantes :
  • Argent (titre 0,835) : 20 centimes, 50 centimes, 1 franc, 2 francs
  • Argent (titre 0,900) : 5 francs
  • Or (titre 0,900) : 5 francs, 10 francs, 20 francs, 50 francs, 100 francs
L’union monétaire se bâtit sur des principes novateurs pour l’époque :
  • favoriser le développement des échanges commerciaux
  • protéger le bimétallisme mis en danger par l’afflux d’or provenant de Californie, d’Australie et d’Afrique du Sud
  • créer des conditions de paix et de prospérité durables en Europe
  • créer une monnaie universelle

Profitant du succès de l’Union Monétaire Latine, la France organisa en 1867 une conférence internationale visant à trouver un accord avec les deux grands pays absents de la convention signée en 1865 : l’Angleterre et les États Unis d’Amérique.
Le consensus devait se faire autour d’une idée simple : il suffisait de créer un pièce de 25 francs pour avoir le même poids en or que la Livre anglaise et la pièce américaine de 5 dollars.
La mauvaise volonté britannique et la défaite française à Sedan en 1870 eurent raison du processus d’unification devant amener à la création d’une monnaie universelle. Aux États-Unis, les efforts de Kasson se concrétisèrent par la création de la pièce de $4 Stella, mais le Congrès américain enterra définitivement cette initiative. Malgré tout, l’Union Monétaire Latine connut un succès incroyable puisque l’on comptât environ 50 pays frappant de la monnaie suivant ce standard à la fin du XIXe siècle.
3. Fin de l’Union Monétaire Latine
Le bimétallisme fut à nouveau mis à rude épreuve après les découvertes massives d’argent au Nevada et en Amérique du Sud, mais ce fut la première guerre mondiale (1914-1918) qui porta le coup fatal au traité. Les stocks d’or européens furent sacrifiés au financement de la guerre et l’Union Monétaire Latine fut officiellement et définitivement dissoute en janvier 1927.
4. Intérêt numismatique et historique
Pour un collectionneur, c’est un thème très intéressant et l’on trouve des pièces frappées au format de l’Union Latine de 1795 jusqu'à nos jours. L’ensemble des conquêtes Napoléoniennes puis la construction et la fin des empires coloniaux se retrouvent gravés sur ces flans d’or ou d’argent qui ont traversé le temps et nous apportent leur lecture de l’histoire.
C’est également une opportunité incroyable de voyager à travers le monde et de découvrir l’histoire insoupçonnée de certains pays. Qui d’autre à part un collectionneur de l’Union Latine aurait la curiosité d’aller chercher dans une encyclopédie l’histoire des Antilles Occidentales Danoises, devenues les Iles Vierges Américaines après leur rachat par les Etats-Unis au milieu de la guerre de 14-18, afin d’empêcher les sous marins Allemands de venir perturber l’accès aux Caraïbes et au canal de Panama ?
L’union Latine, c’est aussi un formidable outil pour expliquer aux jeunes générations quelles ont été les différentes étapes de la construction Européenne au cours de ces 200 dernières années et puis c’est tellement plus passionnant que les coffrets BU.